Jour 7 : Le 10 février

 

Comme disait le poète, " Patience et longueur de temps font mieux que force ni que rage ",
cela pourrait être la synthèse de cette journée.
Mais reprenons au début.

 

Matinée glandouille, flanouille, cool cool pour commencer.
Un petit tour au marché des locaux à côté du Little India de Malacca.
Les marchés c'est un fait, m'ont toujours mis en joie.
Qu'ils soient crasseux, bruyants, colorés, charmants ou bondés, je m'y sens comme un poisson dans l'eau quant il sait qu'il ira nager dans cette eau-là.
Toute cette vie qui éclate, brute et sans vitrines, comme diraient les petits jeunots, je kiffe grave.

 

Ah le bruit du couteau du boucher...

 

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Et tous ces fruits et légumes, comme passés sous la palette créative du Douanier Rousseau...

 

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J'en profite pour acheter un panel de sublimes épices chez l'indien pour 1 E qui parfumeront la valise.
Nos maillots de bain en sont presque devenus comestibles !

 

Pique-nique à la gare routière :
Dim sum locaux aux crevettes.

 

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Et puis c'est le départ à 12 h30 (tous les jours) en bus vers Kuala Lampur car non il n'y a pas de direct Malacca-Cameron Highlands.
Ce qui signifie qu'il faut d'abord revenir à la gare routière de KL Central, (3 E) autrement appelée B'Padu Selatan station, puis changer de gare routière pour se rendre à celle de Puduraya Station.
Logiquement il y avait deux bus l'après-midi en départ de Puduraya station pour Tanah Rata aux Cameron Highlands.
Un à 15h30 et un à 17h30 (7 E l'aller simple)
Comme on a eu un peu peur de rater celui de 15h30, on a réservé l'autre.
Et ben on aurait pas du !
Car arrivés à 14 h30 tapantes à KL central, après 10 mns de taxi (3 E) pour aller à l'autre gare routière, ça nous a fait pas loin de 3 heures à attendre à la gare Puduraya pour le 17h30.
Après avoir testé toutes les occupations possibles, et être passé maîtres Docteur Es-attente, nous sommes en mesure de vous dire que :

 

La gare routière de Puduraya possède une consigne pour les bagages, ce qui est bien pratique quand on a à traîner dans les lieux sans se coltiner tout le paquetage comme des escargots crevards.
Que cette consigne fonctionne bien, qu'elle est bien surveillée et qu'elle n'est pas chère.

 

Que les fauteuils massant sont sympas et que ça occupe un petit quart d'heure.

 

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Que quand on s'ennuie, c'est presque inéluctable, on a envie de grignoter.
Et que ça tombe bien parce que question grignote Puduraya est bien pourvue.

 

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Que le spectacle permanent de la foule est intéressant certes mais qu'au bout d'un certain temps, on en a raz les pâquerettes et que par conséquent nous conseillons aux futurs voyageurs de ne pas prévoir autant de temps pour leur transit que nous, les benêts du jour.

 

Enfin c'est le départ (avec 45 mns de retard), bus toujours aussi impeccable avec la compagnie Kusnia Bistari.
Sauf qu'on se gèle en raison de la clim, et c'est dans un concert d'eternuements que nous arrivons at Tanah Rata à...22h30.
Sans doute veulent-ils nous préparer à la fraîcheur des montagnes chez Bistari, mais le fait est qu'on se pèle vraiment.

 

 

 

Enfin on y arrive aux montagnes !

 

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Ben oui mais justement on n'y est pas encore.
Allez zou, comme si on avait que ça à faire, encore un petit stop à Ipoh pour la pause clope du chauffeur (et la mienne).
Je suis congelée, je récupère mon manteau dans la valoche (le même que j'avais sur le dos en partant de Seoul !).
Conseil qui s'impose : Ne vous dites pas que vous mettrez la petite laine en arrivant aux Cameron Highlands.
Car vous aurez froid avant. Donc la moumoutte, in the sac à dos before !

 

Bon cette fois on n'y est.
A ben le moins qu'on puisse dire c'est que quand on est là, on est là.
Et que ya pas grand chose autour.
On s'extirpe de la chambre froide et nous voila à longer l'unique avenue de Tanah Rata qui nous semble aussi vivante qu'une veillée funèbre chez les sourds et muets.
Il est tard, tout et ferme, on a froid et on cherche notre hôtel.

Évidement comme rien est loin de rien ici, on finit par tomber dessus.
Le Jurina Lodge, conseillé par le Lonely Planet

 

Le Jurina Lodge

(A fuir !)

 

Jolie maisonnette dans les hauteurs, c'est bucolique à souhait...de loin.
Mais plus près, c'est lugubre et surtout c'est ferme malgré qu'on ait avertis de notre arrivée tardive.
Apparemment il n'y a pas plus de clients que de staff.
On se croirait dans les hauts de Hurlevent, version Amithyville ou la maison du diable.
On s'attendait pas à la fanfare municipale, mais on a payé des arrhes et on aimerait bien pouvoir dormir, et O bonheur suprême prendre une douche pour se réchauffer.

 

On finit par trouver un numéro d'appel d'urgence.
Par chance l'hôtel voisin a encore de la lumière, On y va pour passer notre coup de bigophone.

 

Puis on attend et on attend. Un bon moment après, déboule en trombe une vieille carcasse de voiture avec dedans un indien patibulaire qui ne nous adresse pas même un regard, ni un mot mais qui (Monsieur est trop bon), nous jette notre clé sous le nez en disant : "Pay tomorrow".
Ni une ni deux, l'ostrogoth remonte dans sa bétaillère en faisant la gueule et redémarre.
On se dit que c'est peut-être l'air des hauteurs, mais que Tanah Rata et nous ça commence mal.
Enfin bon on va voir la chambre. 

 

Grands Dieux ! est la seule interjection qui nous vient à l'esprit.
 Dieu sait qu'on est pas des chichiteux et qu'on sait faire l'impasse sur des histoires de décors et de standing.
Même la présence d'un cheveux ou d'un peu de poussière ne nous a jamais fait grimper au plafond.
Faut pas pousser Mamie, quand on paye 20 E pour un endroit touristique dans un pays étranger aux standards d'hygienne différents, il faut pas s'attendre au Ritz, et quand justement c'est insupportable, il y le Ritz.
D'autant que les vrais dangers (pollution chimique, bactéries de la bouffe, de l'eau) sont eux parfaitement invisibles.
Tout ça pour dire qu'on est pas des casse-noix, mais là, c'est l'inventaire à la Prevert !

Les meubles sont défoncés. A la place de la salle de bain promise, il y a le lavabo dans le couloir de passage commun avec aucune intimité. Ça même en Chine ou on badine pas mal avec ce genre de commodités, on l'avait jamais vu. 
Les serviettes et draps sont tellement usés qu'on pourrait y voir les Twin towers à travers en s'approchant de la fenêtre. Le matelas (4 cms d'épaisseur) est un ramassis de taches posé sur une planche vermoulue.
C'est déjà pas croquiglolet tout ça, quand James pousse un cri :
" Here they are ! Bed bugs !"
Traduction : des punaises, qui s'en vont se planquer sous les recoins du lit.
Je ne sais pas si vous avez déjà vu un dos infesté aux punaises, mais moi oui et c'est pas jojo.
Sans compter les risques d'infection sympatoches qui vont avec.

 

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On décampe en vitesse pour aller gratter à la porte de l'hôtel voisin à minuit.
On est embarassés de réveiller toute la maisonnée. D'autant qu'apparemment les tanah ratais sont des couches-tot.
Mais si il y a une alternative à la belle étoile avec un fond de l'air aussi frais, on est preneurs !
Chance, ils comprennent et nous proposent une chambrette.
Apparemment on est pas les premiers à avoir décidé de changer de crémerie pour le voisin.

 

Il est scandaleux qu'un tel hôtel soit conseille dans la dernière édition du LP.
Après enquête, il paraîtrait que le propriétaire ait change il y a peu.

 

Bon on appelle le premier homme des cavernes pour lui signifier poliment que :
1. On utilisera pas la chambre 2. On souhaite remboursement 3. On lui souhaite le bonsoir.
Manquerait plus que le Thenardier nous encaisse nos 2 nuits aussi.

 

Le Hill View Inn :

(Infos et Resa : www.hostelbooker.com)

Là c'est pas pareil, et pourtant c'est le même prix (20 E).
Tenu par une famille indienne.
Pas des plus rock and roll quant à l'accueil (en apparence) mais efficaces, fiables et proposant de grandes chambres avec balcon en hauteur tout ce qu'il y a de correct et très propre.
Petit bémol : le petit déj. est en sus, tout se paye au détail (le pain, les oeufs, le café) et c'est quand même pas donné par rapport aux autres hotels/guest ou nous sommes allé. La plupart offrant un petit dej inclus, copieux et varié avec des céréales, du lait, des toasts, des fruits frais, du jus d'orange, parfois des gâteaux, du thé et du café.

 

 

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Bon on en aura eu des émotions aujourd'hui.
Et nous ne le savons pas encore mais Tanah Rata et nous, ça va beaucoup s'arranger le lendemain.

 

Ouf !